Le cerveau a besoin d'être correctement nourri pour bien vieillir

Faut-il
favoriser les oméga 3 au détriment des oméga 6 ?
L'effet protecteur sur le cœur d'une alimentation équilibrée est bien établi,
mais le cerveau aussi a besoin d'être nourri correctement pour faire face au déclin des fonctions cognitives lié au vieillissement, ont souligné des
spécialistes aux Entretiens de Bichat, qui se tiennent cette semaine à Paris.
des oméga 6 (huiles de tournesol, de maïs...)
A bien des égards, la prévention du déclin
cognitif et des maladies neuro-dégénératives, comme la maladie d'Alzheimer, rejoint celle des risques cardiovasculaires, estime Monique Ferry, gériatre et
nutritionniste (Inserm, Université Paris XIII).
Les fonctions cognitives déclinent volontiers avec l'âge, rappelle le Dr Ferry.
Regroupant la mémoire, l'attention, le langage, les fonctions exécutives, la maîtrise de l'espace et l'imagerie mentale, "elles sont le support de
la pensée, de l'action et de la communication".
"Le cerveau est l'organe qui dépend le plus précisément d'un apport
nutritif adéquat", indique-t-elle. Mais le paradoxe, c'est que le cerveau régule lui-même les apports alimentaires. "Il est à la fois juge et
partie".
D'où l'importance d'être vigilant à l'alimentation des personnes âgées, qui ont tendance à diminuer les
quantités ou à éliminer certains aliments. Le Dr Ferry cite l'exemple des crustacés, riches en sélénium, un oligo-élément aux propriétés
antioxydantes.
Il n'est pas rare qu'une perte de poids inexpliquée précède de quelques années l'apparition de troubles
cognitifs, constatent les spécialistes, qui redoutent d'avoir "des patients avec une armoire à pharmacie pleine et un frigo vide".
Pour limiter le déclin cognitif, le Dr Ferry recommande l'exercice physique quotidien (monter un escalier, passer l'aspirateur...), une
alimentation variée et équilibrée en lipides, mais aussi de maintenir des relations sociales, surveiller la tension artérielle et limiter la prise de
médicaments.
"Tous les nutriments sont utiles voire indispensables au cerveau", ajoute-t-elle, mettant en garde cependant contre le risque de
vouloir trop bien faire : "des éléments antioxydants utilisés en trop grande quantité deviennent pro-oxydants".
A
l'heure où les scientifiques s'efforcent de trouver des médicaments capables de stopper l'évolution de la maladie d'Alzheimer, le développement
de "stratégies nutritionnelles préventives" constituent une autre voie de recherche, explique de son côté Thierry Pillot, directeur de recherche
Inserm (laboratoire Lipidomix).
Les chercheurs s'intéressent notamment au DHA, acide gras polyinsaturé de la famille des oméga 3.
Ils ont montré des effets protecteurs sur le cerveau en laboratoire et sur l'animal. Mais attention là encore au sens de la mesure. Pris en trop grande
quantité, "le DHA va s'oxyder, faire des dégâts et ne pas se retrouver à la bonne place", avertit le Dr Pillot.
"Le DHA est très
difficile à synthétiser par l'organisme âgé", constate le Dr Ferry.
Heureusement, le DHA est présent dans la chair
des poissons gras tels que le saumon, le hareng, le maquereau, l'anguille ou la sardine.
Handicap Infos source : afp

