AUTISME
Luxembourg : Un lieu de vie pour les autistes
02/04/2008 15:15:59
A

Augmenter leur autonomie et aider à leur intégration sociale sont les maîtres mots d'un programme éducatif qui se veut individualisé.
ugmenter leur autonomie et aider à leur intégration sociale sont les maîtres mots d'un programme éducatif qui se veut individualisé.
Dès l'entrée du centre, le ton est donné. Un grand tableau très colorié montre les photos des jeunes occupants. Tout est axé sur la visualisation. Le jeune autiste pose sa photo sur l'atelier auquel il souhaite participer.
«Il est nécessaire de mettre en place des repères pour les autistes afin d'augmenter leur autonomie dans tous les actes de la vie quotidienne», explique Marc De Geest, directeur d'Autisme Luxembourg qui dirige le centre Roger Thelen. Un autiste perçoit très mal la notion du temps et de l'espace. Il faut donc tout organiser de manière à faciliter ses repères. Les moments de la journée sont donc fixés sur un planning visuel.
Le centre, qui a ouvert ses portes en novembre 2004, accueille actuellement une cinquantaine de personnes, soit en formation, soit dans une structure de travail. Plusieurs ateliers leur sont proposés : atelier de cuisine, de jardinage, de reproduction, de céramique, de papier recyclé, et de travaux ménagers.
En cuisine, aujourd'hui, plusieurs élèves s'affairent au menu du jour. Le service peut fonctionner comme restaurant et accueillir des groupes externes. Dans une autre pièce de la cuisine, on prépare les petits pots de confiture.
C'est une activité essentielle de l'atelier qui en fabrique quatre tonnes tous les ans. «À côté de l'aide de l'État, il est important que nous générions aussi nos propres revenus», explique Marc De Geest lors de la visite du centre.
Certains «apprentis cuisto» travaillent dans le cadre d'un contrat de travail de 40 heures. En tout, ils sont une vingtaine à travailler dans les différents ateliers du centre Roger Thelen (y compris celui d'Esch-sur-Alzette). «Les choses ont beaucoup évolué dans ce domaine. Avec le statut du travailleur handicapé, les personnes atteintes d'autisme peuvent exercer un métier et gagner une certaine autonomie».
Les plus habiles peuvent même intégrer le marché de l'emploi ordinaire. Un suivi s'impose toutefois, parce qu'il suffit qu'il change de patron pour que l'autiste perde immédiatement ses repères.
Les personnes qui n'obtiennent pas le statut de travailleur handicapé sont occupées à différentes activités au centre de jour.
Un accompagnement individualisé
À quelques pas de la cuisine, on se dirige vers l'atelier de reproduction où plusieurs jeunes s'affairent à la plastification de documents. Cartes d'invitation, dépliants, brochures, le travail ne manque pas. À l'extérieur du centre, on trouve également un airtramp, un grand coussin d'air qui se prête idéalement à la thérapie psychomotrice. Mais pas seulement. «Quand la tension monte et que commence à naître une certaine agressivité, l'airtramp est un lieu idéal de défoulement pour vider le trop-plein d'énergie».
Les autistes participent à deux ateliers au maximum, à raison de trois fois par semaine. Ils assistent également à des cours théoriques, qui visent essentiellement à améliorer leur communication et leurs relations sociales. Les autistes sont orientés vers les ateliers en fonction de leurs capacités, car au-delà de l'approche de visualisation, c'est bien l'individualisation du suivi qui compte. «Nous avons une approche globale très individualisée, ajustée à chaque personne, qui prend en compte sa problématique personnelle, son environnement familial, scolaire, social voire professionnel».
L'encadrement comprend une équipe pluridisciplinaire composée d'un psychologue, d'un ergothérapeute, d'un pédagogue et d'éducateurs gradués. Soit deux encadrants pour un autiste. Une situation idéale, dont se réjouit la maman de Jérôme. «Vraiment, on ne peut pas se plaindre de cette situation. L'encadrement est formidable et tout se passe bien». Si le centre Roger Thelen fonctionne bien, tout n'est pas rose. «Beaucoup de personnes ne peuvent pas bénéficier des structures d'hébergement», regrette Marc De Geest. La plupart des autistes vivent ainsi chez leurs parents.
«Mais il y a une très forte demande de ce côté-là ». Cette situation est encore plus dramatique pour les autistes adultes compte tenu de leur espérance de vie. Beaucoup de parents sont aujourd'hui préoccupés. Mon enfant sera-t-il capable de vivre de manière indépendante? Qui prendra soin de lui ou d'elle le jour où je ne serai plus là ? «Pour répondre à ces questions, il faut créer rapidement un nouveau centre d'hébergement», conclut Marc De Geest.
Pour intervenir ici, vous devez d'abord vous identifier, ou vous inscrire (gratuit).
Dès l'entrée du centre, le ton est donné. Un grand tableau très colorié montre les photos des jeunes occupants. Tout est axé sur la visualisation. Le jeune autiste pose sa photo sur l'atelier auquel il souhaite participer.
«Il est nécessaire de mettre en place des repères pour les autistes afin d'augmenter leur autonomie dans tous les actes de la vie quotidienne», explique Marc De Geest, directeur d'Autisme Luxembourg qui dirige le centre Roger Thelen. Un autiste perçoit très mal la notion du temps et de l'espace. Il faut donc tout organiser de manière à faciliter ses repères. Les moments de la journée sont donc fixés sur un planning visuel.
Le centre, qui a ouvert ses portes en novembre 2004, accueille actuellement une cinquantaine de personnes, soit en formation, soit dans une structure de travail. Plusieurs ateliers leur sont proposés : atelier de cuisine, de jardinage, de reproduction, de céramique, de papier recyclé, et de travaux ménagers.
En cuisine, aujourd'hui, plusieurs élèves s'affairent au menu du jour. Le service peut fonctionner comme restaurant et accueillir des groupes externes. Dans une autre pièce de la cuisine, on prépare les petits pots de confiture.
C'est une activité essentielle de l'atelier qui en fabrique quatre tonnes tous les ans. «À côté de l'aide de l'État, il est important que nous générions aussi nos propres revenus», explique Marc De Geest lors de la visite du centre.
Certains «apprentis cuisto» travaillent dans le cadre d'un contrat de travail de 40 heures. En tout, ils sont une vingtaine à travailler dans les différents ateliers du centre Roger Thelen (y compris celui d'Esch-sur-Alzette). «Les choses ont beaucoup évolué dans ce domaine. Avec le statut du travailleur handicapé, les personnes atteintes d'autisme peuvent exercer un métier et gagner une certaine autonomie».
Les plus habiles peuvent même intégrer le marché de l'emploi ordinaire. Un suivi s'impose toutefois, parce qu'il suffit qu'il change de patron pour que l'autiste perde immédiatement ses repères.
Les personnes qui n'obtiennent pas le statut de travailleur handicapé sont occupées à différentes activités au centre de jour.
Un accompagnement individualisé
À quelques pas de la cuisine, on se dirige vers l'atelier de reproduction où plusieurs jeunes s'affairent à la plastification de documents. Cartes d'invitation, dépliants, brochures, le travail ne manque pas. À l'extérieur du centre, on trouve également un airtramp, un grand coussin d'air qui se prête idéalement à la thérapie psychomotrice. Mais pas seulement. «Quand la tension monte et que commence à naître une certaine agressivité, l'airtramp est un lieu idéal de défoulement pour vider le trop-plein d'énergie».
Les autistes participent à deux ateliers au maximum, à raison de trois fois par semaine. Ils assistent également à des cours théoriques, qui visent essentiellement à améliorer leur communication et leurs relations sociales. Les autistes sont orientés vers les ateliers en fonction de leurs capacités, car au-delà de l'approche de visualisation, c'est bien l'individualisation du suivi qui compte. «Nous avons une approche globale très individualisée, ajustée à chaque personne, qui prend en compte sa problématique personnelle, son environnement familial, scolaire, social voire professionnel».
L'encadrement comprend une équipe pluridisciplinaire composée d'un psychologue, d'un ergothérapeute, d'un pédagogue et d'éducateurs gradués. Soit deux encadrants pour un autiste. Une situation idéale, dont se réjouit la maman de Jérôme. «Vraiment, on ne peut pas se plaindre de cette situation. L'encadrement est formidable et tout se passe bien». Si le centre Roger Thelen fonctionne bien, tout n'est pas rose. «Beaucoup de personnes ne peuvent pas bénéficier des structures d'hébergement», regrette Marc De Geest. La plupart des autistes vivent ainsi chez leurs parents.
«Mais il y a une très forte demande de ce côté-là ». Cette situation est encore plus dramatique pour les autistes adultes compte tenu de leur espérance de vie. Beaucoup de parents sont aujourd'hui préoccupés. Mon enfant sera-t-il capable de vivre de manière indépendante? Qui prendra soin de lui ou d'elle le jour où je ne serai plus là ? «Pour répondre à ces questions, il faut créer rapidement un nouveau centre d'hébergement», conclut Marc De Geest.
| Autisme Luxembourg
L'association Autisme Luxembourg ASBL existe depuis 1981. Après avoir créé des classes scolaires spécialisées pour enfants atteints d'autisme, l'association gère actuellement une structure d'hébergement et de loisirs à Luxembourg, un atelier d'insertion au marché de l'emploi à Esch-sur-Alzette et une structure de travail et de thérapie, le centre Roger Thelen. |
Handicap Infos - Source : Nadia Di Pillo
Pour intervenir ici, vous devez d'abord vous identifier, ou vous inscrire (gratuit).





Parue le 09/07/08 à 00:07