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RECHERCHE | 11/07/08 12:01

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Parkinson : Une accélération du signal nerveux cérébral en cause

Un signal nerveux plus rapide dans les cerveaux des Parkinsoniens que dans les cerveaux sains.

Un signal nerveux plus rapide dans les cerveaux des Parkinsoniens que dans les cerveaux sains.



Le signal nerveux dans les cerveaux atteints par la maladie de Parkinson est plus rapide que dans les cerveaux sains. Ce résultat est surprenant car la maladie entraîne notamment un ralentissement moteur. Il a été obtenu sur un modèle animal par l'équipe du Laboratoire mouvement adaptation cognition (CNRS/ Universités Bordeaux 1 et 2). De nouvelles stratégies thérapeutiques viseront désormais à ralentir la transmission du signal nerveux. Ces travaux sont publiés le 10 juillet dans la revue Journal of neurophysiology.

La maladie de Parkinson est une maladie neuro-dégénérative qui touche environ 4 millions de personnes dans le monde. Elle apparaît généralement vers la cinquantaine et entraîne des troubles moteurs : rigidité, tremblement et ralentissement moteur. Il n'existe pas de traitement curatif de la maladie : les traitements existants ont pour but de corriger les symptômes du patient, en particulier moteurs.

La maladie résulte de la dégénérescence des neurones dopaminergiques d'une zone cérébrale appelée « substance noire compacte ». Ces neurones fournissent normalement de la dopamine, un neurotransmetteur, à un réseau de neurones appelés ganglions de la base, impliqués dans le contrôle des mouvements. Ce réseau neuronal fait partie d’une boucle de régulation connectée au cortex moteur. La disparition des neurones dopaminergiques entraîne le dysfonctionnement du réseau et l’apparition des troubles moteurs. Les caractéristiques de ce dysfonctionnement sont encore mal connues.

L’équipe de recherche dirigée par Thomas Boraud étudie le dysfonctionnement parkinsonien à l'aide d'une technique électrophysiologique appelée « enregistrements multicanaux multiélectrodes ». Comme son nom l’indique, cette technique permet de réaliser des enregistrements simultanément dans plusieurs structures du cerveau, avec plusieurs électrodes. L’objectif est d'analyser l'organisation générale de la transmission du signal dans un réseau. Les chercheurs ont ainsi suivi le signal éléctrophysiologique qui est transmis depuis le cortex dans tout le réseau neuronal, à travers les ganglions de la base. Ils ont appliqué cette technique chez le rat éveillé et libre de ses mouvements dans deux conditions expérimentales : sur un rat « normal » et sur un modèle animal de la maladie de Parkinson (*).(*) Le modèle animal de la maladie de Parkinson est couramment obtenu après déplétion dopaminergique par lésion à la 6-OHDA.

L’équipe bordelaise montre que la transmission du signal électrique est significativement plus rapide chez les animaux "parkinsonien" que chez les animaux normaux. Ce résultat relativement inattendu est contre intuitif puisque cette accélération du signal électrique est corrélée au ralentissement moteur des animaux.

Le ralentissement parkinsonien résulte donc d'une accélération excessive de la transmission du signal dans le réseau.

Cette découverte pourra avoir des conséquences thérapeutiques directes puisqu'il s'agit maintenant pour les scientifiques de chercher à ralentir cette transmission dans le réseau neuronal.

Références :
Dynamic changes in the cortex-basal ganglia network after dopamine depletion in the rat. Cyril Dejean, Christian E. Gross, Bernard Bioulac and Thomas Boraud. Basal Gang, Laboratoire mouvement, adaptation, cognition, (CNRS/Universités Bordeaux 1 et 2) et Laboratoire Franco-israélien de neurophysiologie et neurophysique des systèmes, Bordeaux. Journal of neurophysiology, 10 juillet 2008.




© Handicap Infos - source : CNRS

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