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RECHERCHE | publié le, 16/06/15

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Parkinson : son origine enfin découverte

C’est une avancée fondamentale pour la maladie de Parkinson.

C’est une avancée fondamentale pour la maladie de Parkinson.



Une équipe franco-belge a identifié la protéine responsable de cette grave maladie neuronale. Ces travaux ouvrent la voie à la mise au point de tests diagnostiques simples. Voici une avancée majeure révélée mercredi 10 juin.

Une équipe franco-belge vient de publier dans la prestigieuse revue Natureun travail important identifiant avec certitude l’agent responsable de cette grave maladie qui touche 6,5 millions de personnes dans le monde et 150 000 en France. Tout repose sur une protéine, l’alpha-synucléine, un suspect sur lequel pesait déjà de nombreux soupçons. Cette protéine, un assemblage de 140 acides aminés, est le constituant majeur des corps de Lewy, ces agrégats anomaux cérébraux qui "signent" la maladie de Parkinson.

Découverte il y a une quinzaine d’années, elle était depuis au cœur de très nombreux travaux. En 2013, la publication dans Nature Communication des travaux de l’équipe de Ronald Melki, directeur de recherche à l'Institut des neurosciences Paris-Saclay, avait permis de mieux comprendre à la fois les mécanismes de pliage et le mode de propagation étonnant de cette protéine, de neurone en neurone, soit un mécanisme de type prion. Les chercheurs avaient alors démontré que l’alpha synucléine pouvait prendre au moins cinq formes différentes.

Ils avaient postulé que deux principales d’entre elles correspondaient à des maladies distinctes : une forme fine en spaghetti, a priori plus agressive, et une autre plus plate, type linguine, d’évolution plus lente. Une hypothèse qui vient tout juste d’être confirmée avec cette récente publication dans Nature.

Il n'y'a pas une maladie de Parkinson mais des maladies

En association avec une équipe de Louvain en Belgique, les chercheurs ont injecté dans le cerveau de rats les deux formes distinctes. Un geste qui a alors induit le développement de deux maladies neurodégénératives différentes : une maladie de Parkinson dans le groupe spaghetti et une autre affection dite atrophie multi systématisée (AMS) survenant dans le groupe linguine.

Un travail qui confirme la très grande hétérogénéité de cette maladie, les troubles étant souvent très différents d’un patient à l’autre. D’ailleurs, déjà en 2013, le Pr Etienne Hirsch, directeur adjoint scientifique de l’Institut du cerveau et de la moelle (Paris), confiait, à l’occasion du congrès mondial (World Congress Parkinson) consacré à cette affection, "il ne faudrait plus désormais parler de la maladie de Parkinson mais des maladies de Parkinson".

Ces travaux ouvrent la voie à la mise au point de tests diagnostiques simples mettant en évidence précocement cette fameuse protéine. Car aujourd’hui, comme dans la maladie d’Alzheimer, le diagnostic de certitude ne peut être porté que post mortem, lors de l’autopsie cérébrale. Récemment, un test cutané a déjà fait l’objet de travaux prometteurs. Un espoir parmi d’autres face à une pathologie sévère et handicapante, responsable chaque année en France de 14.000 nouveaux cas.



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