HUMOUR
Politiquement incorrect : Jusqu'où peut-on rire du handicap ?
26/10/2009 17:44:57
V

Véronique Dubarry, adjointe au Maire de Paris chargée des Personnes en Situation de handicap. Crédits photo : Mairie de Paris
éronique Dubarry : "Sortir du discours compassionnel et consensuel".
Suite des rencontres autour du thème politiquement incorrect "jusqu'où peut-on rire du handicap ?". Lundi après-midi, l'humoriste Jackie Berroyer présentera plusieurs courts-métrage et animera le débat en présence de Véronique Dubarry, adjointe chargée des personnes en situation de handicap. Elle explique pourquoi elle a voulu ce parti pris provocant.
Ne risquez-vous pas de choquer ?
Nous voulons sortir du discours compassionnel, «oh que c’est triste », ou consensuel, «vive les personnes handicapées, ils sont tous beaux tous gentils!». Je voudrais que l’on arrive à une « ordinarité » vis-à-vis du handicap, que l’on puisse critiquer, se moquer, se fâcher avec une personne handicapée sans ressentir de la culpabilité. A force de faire attention à ce qu’on dit, on ne dit plus rien. On a peur de dire « tu vois à un aveugle » alors on bafouille.
Certains handicapés ne voient pas de quoi on peut rire...
L’humour est la chose la moins partagée du monde. Moi, il y a des blagues sexistes qui me restent en travers de la gorge. Et il y a autant de personnes handicapées que de rapports à l’humour. Le sketch de Stéphane Guillon sur France Inter qui se moquait des jeux paralympiques a bousculé. Certains se sont offusqués, mais beaucoup l’ont remercié. Les personnes handicapées devenaient un sujet comme les autres, des victimes comme les autres de sa plume cruelle.
N’êtes-vous pas dans le politiquement correct en disant « personne en situation de handicap » et pas « les handicapés » ?
Une femme aveugle me disait : « je suis née aveugle, je suis devenue mal voyante et maintenant je suis non voyante ». A un moment , il faut bien un nom, et quand il s’agit d’une minorité, le mieux est que celle-ci décide de sa propre appellation.
Le politiquement correct a apporté des avancées, on ne dit plus les « Zandicapés », qui renvoyait à une sorte de choses « différentes », on dit "les personnes handicapées".
Mais le politiquement correct a tellement lissé qu’il a fini par interdire l’expression de leur souffrance, de leur ras le bol, de la sexualité. Et à enfermer les non handicapés dans la gene, la culpabilité vis-à-vis de ça.
Pour intervenir ici, vous devez d'abord vous identifier, ou vous inscrire (gratuit).
Suite des rencontres autour du thème politiquement incorrect "jusqu'où peut-on rire du handicap ?". Lundi après-midi, l'humoriste Jackie Berroyer présentera plusieurs courts-métrage et animera le débat en présence de Véronique Dubarry, adjointe chargée des personnes en situation de handicap. Elle explique pourquoi elle a voulu ce parti pris provocant.
Ne risquez-vous pas de choquer ?
Nous voulons sortir du discours compassionnel, «oh que c’est triste », ou consensuel, «vive les personnes handicapées, ils sont tous beaux tous gentils!». Je voudrais que l’on arrive à une « ordinarité » vis-à-vis du handicap, que l’on puisse critiquer, se moquer, se fâcher avec une personne handicapée sans ressentir de la culpabilité. A force de faire attention à ce qu’on dit, on ne dit plus rien. On a peur de dire « tu vois à un aveugle » alors on bafouille.
Certains handicapés ne voient pas de quoi on peut rire...
L’humour est la chose la moins partagée du monde. Moi, il y a des blagues sexistes qui me restent en travers de la gorge. Et il y a autant de personnes handicapées que de rapports à l’humour. Le sketch de Stéphane Guillon sur France Inter qui se moquait des jeux paralympiques a bousculé. Certains se sont offusqués, mais beaucoup l’ont remercié. Les personnes handicapées devenaient un sujet comme les autres, des victimes comme les autres de sa plume cruelle.
N’êtes-vous pas dans le politiquement correct en disant « personne en situation de handicap » et pas « les handicapés » ?
Une femme aveugle me disait : « je suis née aveugle, je suis devenue mal voyante et maintenant je suis non voyante ». A un moment , il faut bien un nom, et quand il s’agit d’une minorité, le mieux est que celle-ci décide de sa propre appellation.
Le politiquement correct a apporté des avancées, on ne dit plus les « Zandicapés », qui renvoyait à une sorte de choses « différentes », on dit "les personnes handicapées".
Mais le politiquement correct a tellement lissé qu’il a fini par interdire l’expression de leur souffrance, de leur ras le bol, de la sexualité. Et à enfermer les non handicapés dans la gene, la culpabilité vis-à-vis de ça.
Handicap Infos - source : mairie de Paris
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