COMMUNAUTÉ

DOSSIER PARKINSON | publié le, 10/12/07

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Projet de soins et prise en charge en unité Parkinson

L’hôpital Georges Clemenceau, structure hospitalière gériatrique de l’AP-HP, accueille en son sein des patients polypathologiques, pour certains atteints de la maladie de Parkinson ou de syndromes apparentés.

L’hôpital Georges Clemenceau, structure hospitalière gériatrique de l’AP-HP, accueille en son sein des patients polypathologiques, pour certains atteints de la maladie de Parkinson ou de syndromes apparentés.



Ils sont pris en charge dans le service du Dr Bizien où une unité de soins de suite et de réadaptation regroupe 10 lits dédiés. Un projet d’extension de 10 à 17 lits a donc été déposé. Un partenariat établi avec la fédération de Neurologie de la Pitié-Salpêtrière a permis l’admission, dès 1997, de malades âgés présentant des fluctuations. S’y ajoutent des patients en provenance de l’hôpital Henri Mondor et de services de neurologie des établissements hors AP-HP du Sud de l’Ile de France.

L’hospitalisation est un événement fréquent au décours de cette maladie. Soit il s’agit d’une prise en charge spécifique des complications de la maladie, des incidences de son traitement médical et chirurgical, ou d’une pathologie intercurrente, soit il s’agit d’une réhospitalisation sur la période du déclin où prévalent les fluctuations motrices et l’acutisation.

Se pose ensuite le problème du devenir de ces patients lorsque les aidants s’épuisent ou sont absents…

L’hospitalisation est soit programmée, soit décidée dans un contexte d’urgence. La prise en charge comprend une évaluation médicale gériatrique, psychologique, paramédicale et sociale. L’équipe paramédicale est pluridisciplinaire : cadre de santé, infirmiers, aide-soignants, agents hospitaliers, kinésithérapeutes, ergothérapeute, infirmière en rééducation comportementale, diététicienne. Le personnel soignant a bénéficié d’une formation initiale en neurologie à la Pitié-Salpêtrière, en 1997, qui s’est renouvelée au travers d’actions d’information par le médecin référent de l’unité. Ces informations ciblées sur le Parkinson et les syndromes apparentés (démence à Corps de Lévy, atrophie multisystématisée, paralysie supranucléaire progressive …) touchent le nouveau personnel recruté dans l’unité, le service et l’établissement.

Quels bénéfices en termes de satisfaction du patient et de sa famille, du personnel de l’unité, en matière de santé publique apportent cette structure spécialisée ?

La maladie de Parkinson est la deuxième affection neuro-dégénérative après la maladie d’Alzheimer. Sa fréquence augmente avec l’âge. Le traitement est symptomatique et en aucun cas curatif.L’aspect neurologique est du ressort des services de neurologie, mais la prise en charge polypathologique est méconnue. La durée de prise en charge en neurologie pour un équilibrage de traitement est d’environ 6 jours, le patient retourne ensuite à son domicile. Les besoins en soins de suite restent importants, en particulier chez le parkinsonien âgé. Les dernières années d’évolution nécessitent des traitements ajustés sur six à huit semaines.

Diminuer la durée moyenne de séjour dans les services de neurologie et de neurochirurgie pratiquant des implantations sous-thalamiques, prévenir les complications liées à la maladie ou l’introduction d’une nouvelle thérapeutique grâce à une surveillance journalière, permettre de retrouver ou maintenir une autonomie par des soins spécialisés, organiser le retour au domicile sont des bénéfices attendus. Le patient et son conjoint ou ses aidants rencontrent ainsi des professionnels, interlocuteurs neutres, bienveillants, formés auxquels sont confiés les problèmes et les difficultés croissantes de la vie quotidienne.

Les 10 lits mis aux normes sont sectorisés dans une demie unité de 17 lits, répartis dans des chambres simples ou doubles. Les locaux sont équipés de matériel ergonomique, spécifiques à la prise en charge du handicap : lits à hauteur variable, aides techniques pour la mobilisation (verticalisateur, lève-patient sur rail et mobile), volets roulants automatiques. Sur prescription, l’ergothérapeute attribue des matelas ou coussin, à air ou à mémoire de forme, des fauteuils roulants adaptés au handicap. L’acquisition récente d’une baignoire à hydrosound procure au malade le confort de bains thérapeutiques selon la méthode Snoezellen. Les repas sont pris en salle à manger ou en chambre selon le choix et l’état de santé du patient. Les familles disposent d’un salon à l’étage, lieu de rencontre ou de repas pris avec leur parent hospitalisé.

Le service dispose d’une salle de rééducation, d’un atelier d’ergothérapie et d’une salle réservée aux ateliers thérapeutiques. Un atelier de calligraphie et de chi-gong regroupent régulièrement les patients de l’unité parkinson.

Un projet de soins a été élaboré par les membres de l’équipe soignante selon le modèle de Virginia Henderson, également modèle du dossier patient informatisé. Chaque besoin perturbé a été analysé à partir de l’observation clinique, l’évaluation et la transmission des symptômes d’alertes propre à la maladie, la polypathologie et la iatrogénie gériatriques. Fort de ce constat, des actions ont été listées en accord avec des objectifs prédéfinis.

Afin de collaborer au traitement et à la prise en charge pluridisciplinaire, l’équipe soignante s’inscrit dans le projet thérapeutique et médical par un projet de soins et une prise en charge comportementale individualisés. Les objectifs de soins sont par ordre de priorité : déterminer les besoins , capacités et variations de la symptomatologie clinique de la personne hospitalisée , répondre à ses besoins de santé , prévenir et accompagner les complications liées à la maladie et au traitement , restaurer et/ou maintenir l’autonomie par des soins individualisés curatifs , de maintenance , préventifs et éducatifs , proposer un soutien et un conseil au patient et aux proches , préparer le retour au domicile ou la sortie en institution. Chaque membre de l’équipe observe, évalue et transmet pour assurer des soins individualisés.

Mais parce que la personne hospitalisée et ses problèmes de santé sont une priorité , que la maladie de Parkinson emprisonne l’individu dans son corps, énumérer les sources d’insatisfaction, d’inconfort , de douleur et d’entrave à l’autonomie à travers leur expression verbale ou non verbale renforce le lien qui font du soin dispensé un soin de qualité.Le patient a déjà développé des stratégies d’adaptation depuis l’annonce du diagnostic. Il attend de ses proches, puis de l’équipe soignante une prise en charge lui permettant de conserver les mêmes stratégies, pour garder une maitrise certaine ou relative sur sa maladie et son handicap. Cette volonté de maitrise et d’exactitude dans la prévision du déroulement et de l’organisation de chaque journée nécessitent la création d’un climat de confiance par la présence de soignants formés et référents.

EN SAVOIR + : approfondir cet article

Une infirmière témoigne
Que va observer le personnel soignant ?
Par ordre de priorité, le besoin le plus perturbé est le besoin de se mobiliser
Le besoin de communiquer est également gravement perturbé
La douleur est un symptôme associé à la triade akinésie-tremblements-rigidité
L’alimentation
Se laver et se vêtir
Le besoin d’apprendre , de comprendre , de prévenir l’apparition des troubles moteurs et fonctionnels.
Les besoins de se récréer, de s’occuper en vue de se réaliser et d’agir selon ses croyances et ses valeurs

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© A.Chabot ( cadre de santé ) , G.Delaporte ( IDE ) , S.Guillermain ( kinésithérapeute ) , N.Le Saoûlt ( ergothérapeute , P.Laly ( kinésithérapeute ) ,M.Zabourah ( IDE )

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