SANTÉ
Vaccins grippe A-H1N1 : Le ministère de la Santé ouvre les soldes
04/01/2010 10:01:05
A

A-t-on a poussé à l'extrême et à l'extrême stupidité le principe de précaution ?
-t-on a poussé à l'extrême stupidité le principe de précaution ?
La décision de revendre une partie des stocks de vaccins provoque déjà des réactions, d'autant que la France n'est pas seule sur ce marché où les clients sont rares. Les soldes commencent mercredi 6 janvier. Sauf au ministère de la Santé où, depuis novembre, Roselyne Bachelot négocie discrètement la revente aux pays qui en ont besoin. Le ministère a reconnu les faits et indiqué que le Qatar avait acheté 300 000 doses et que l'Égypte souhaitait en acquérir 2 millions.
Ce vaste marchandage ne concerne pas seulement la France. L'Allemagne, les Pays Bas et la Suisse, qui ont eux aussi commandé trop de vaccins cherchent à s'en délester.
Ainsi, la France a fait une proposition à l'Ukraine, où la grippe A se répand. Mais l'Allemagne est également sur les rangs et le gouvernement réserve sa réponse. Des négociations ont également eu lieu avec le Mexique, la Bulgarie et la Roumanie...
La Charente Libre
Dominique Garraud
"(...) Alimentée à la fois par l'opposition et les médecins généralistes, écartés du plan de prévention et bombardés de consignes contradictoires émanant de la Direction Générale de la Santé (DGS), la critique vise principalement Roselyne Bachelot, experte en la matière avec son CV de pharmacienne et d'employée de grands laboratoires. Habillée pour l'hiver en "ayatollah de la prudence" excessive, la ministre de la Santé affiche une ligne de défense qu'il faut pourtant entendre. Que Nicolas Sarkozy et le gouvernement aient saisi l'opportunité des risques de pandémie pour détourner l'attention de l'opinion sur les problèmes liés à la crise économique est probable. Mais pour Roselyne Bachelot, la grippe A était une peau de banane inévitable. Alors que l'incertitude médicale mondiale prévalait, l'alternative était écrite d'avance: en faire trop ou pas assez. Avec au bout du compte un torrent de critiques inéluctables. (...)"
Le journal de la Haute-Marne
Patrice Chabanet
"On ne sait pas si l'on doit en rire ou en pleurer. (...) Le principe de précaution est respectable, mais là visiblement on en a fait des tonnes. Malgré les décès constatés - toujours trop nombreux (près de 200 à ce jour) - la grippe A s'avère bien moins meurtrière que la grippe saisonnière (plusieurs milliers de morts chaque année). Pareille disproportion entre les volumes commandés et les quantités réellement utilisées ne peut qu'entretenir une solide polémique. Il y a bien sûr l'opposition qui monte au créneau, c'est de bonne guerre. Plus inquiétant pour le gouvernement est le réquisitoire très sévère du professeur Bernard Debré, député UMP, qui n'hésite pas à parler d'"extrême stupidité". Sans parler de Marc Gentilini, grand spécialiste des maladies infectieuses et ancien président de la Croix-Rouge française, qui met en cause une "stratégie dispendieuse". (...) Le principe de la double vaccination adopté initialement était en train de se transformer en double peine pour la Ministre de la Santé."
La Nouvelle République du Centre Ouest
Hervé Cannet
"Le ministère de la Santé s'est transformé, depuis deux mois, en un vaste magasin de dépôt-vente. Il y a overdoses de produits anti-H1N1. A la veille de l'ouverture des soldes, cette " braderie " sanitaire (dont Roselyne Bachelot, il faut le lui reconnaître, ne s'est jamais cachée) ajoute au désordre ambiant. Car dans le traitement de la pandémie de grippe A, la France s'est toujours caractérisée par des excès permanents (notamment en matière de communication) auxquels l'opinion publique a réagi en faisant le dos rond. Cinq millions de vaccinés pour 94 millions de doses ! Cherchez l'erreur ! Alors pourquoi, puisque l'épidémie semble régresser, le président de la République croit-il bon de relancer la vaccination ? Pourquoi persister à n'utiliser que des centres agréés, alors que les services des médecins libéraux auraient manifestement sécurisé une population particulièrement rétive ? Décidément, la gestion de la pandémie à la française paraît particulièrement grippée !"
L'Alsace
Patrick Fluckiger
"(...) L'opération délestage est à l'image de la campagne de prévention : précipitée, artisanale, et pour tout dire, désastreuse. Il faut rendre justice au gouvernement français : il n'est pas le seul à être tombé dans le panneau de la psychose grippale. Il n'existe malheureusement pas de vaccin contre la panique. Les Allemands, les Suisses, les Hollandais, les Italiens ont aussi des stocks à revendre. Hélas, ce n'est pas une consolation, et cela ne dispensera personne d'un sérieux examen de conscience. En France, par exemple, la campagne de vaccination a connu des ratés inquiétants : cinq millions de piqûres seulement ont été réalisées. Heureusement que le virus de la grippe A est moins méchant que celui de la grippe saisonnière ! Le plus grave ne réside cependant pas dans cette organisation bureaucratique et cahoteuse, mais bien dans la gesticulation qui accompagne la pandémie. (...) La psychose a rempli les caisses des laboratoires. Les gouvernements se chargent même d'assurer aujourd'hui la revente des médicaments. Ils se sont transformés en super VRP pour l'industrie pharmaceutique. Qui a dit que la politique a repris le pas sur l'économie, avec la crise financière ?"
La République du Centre
Jacques Camus
"Du principe de précaution à la dénonciation du gaspillage, il n'y a qu'un pas. Et cela s'appelle l'émotion. Celle qui a contaminé tout le pays à l'annonce de la pandémie de grippe H1N1 et qui conduit aujourd'hui à constater des dégâts financiers plutôt que sanitaires. Maintenant que 70 millions de doses du vaccin contre le fameux virus nous restent sur les bras (façon de parler) et que nous cherchons désespérément à écouler nos stocks, c'est à qui désignera les responsables du gâchis, et bien sûr, en première ligne, le gouvernement. Voilà bien l'une de ces vaines querelles franco-françaises contre lesquelles nous ne parviendrons jamais à nous immuniser. Parce que si les pouvoirs publics n'ont pas eu une gestion exemplaire du dossier, tout le monde a sa part de responsabilité dans l'installation d'un climat de psychose. (...) Pas étonnant, dans ces conditions, et compte tenu du syndrome du sang contaminé, qu'ait prévalu chez nos gouvernants le principe de précaution poussé au paroxysme. On en mesure aujourd'hui l'inanité, mais c'est le prix à payer dans une société qui revendique comme un droit absolu le "risque zéro". Personne n'aurait pardonné à Roselyne Bachelot une pénurie vaccinale en cas de pandémie. Il nous reste donc à assumer collectivement le refus du moindre aléa. Et à méditer sur ce virus H1NI qui aura surtout généré de l'émotion à revendre."
Sud Ouest
Bruno Dive
"La France étant un grand pays, il est bien normal que son gouvernement ait vu les choses en grand pour terrasser le fléau menaçant de la grippe A. Voilà pourquoi il a commandé, dans l'insouciance de l'été, 94 millions de vaccins pour une population qui ne compte que 63 millions d'habitants. Et voilà comment il se trouva trop bien pourvu lorsque la bise fut venue. (...) Bref, là aussi les soldes sont ouvertes, si ce n'est la braderie générale. Reviennent alors à la surface de lancinantes questions, qui ont (inconsciemment ou non) nourri la méfiance de la population envers ce vaccin aussi soudain que massif. Ces achats, payés comptant par l'Etat à quatre grands laboratoires par ailleurs assurés de garanties juridiques et financières exorbitantes en cas d'effets secondaires du vaccin. Ces liens anciens de Roselyne Bachelot qui a travaillé pour l'industrie pharmaceutique avant d'entrer en politique. Sans doute la ministre de la Santé a-t-elle fait son travail, et elle aurait été encore plus critiquable (et critiquée) de ne pas suffisamment réagir face à une épidémie dont on mesurait mal cet été le degré de dangerosité. Mais à ce niveau là - 870 milliards versés bien hâtivement à quatre grands labos - ce n'est plus du principe de précaution : c'est quasiment un plan de relance."
La Montagne
Daniel Ruiz
"Le virus est là, le vaccin aussi. De cela, nous sommes sûrs. Car pour le reste, on est allé d'approximations en mauvaises évaluations du risque de pandémie de grippe A. Certes, au pays du principe de précaution, l'affaire du sang contaminé a marqué la mémoire collective et hante celle des gouvernants. (...) L'erreur majeure, celle qui a propagé le doute, est d'avoir demandé aux personnes qui venaient se faire vacciner de signer une décharge. Les experts jugeant le danger réel, c'est la collectivité qui devait couvrir le risque de ce geste pour le bien commun. Si le vaccin est une protection, on ne peut pas demander à chacun d'en prendre la responsabilité. La santé est indivisible et doit être garantie collectivement par l'État, hors de toute tentation médiatique. (...) Pour mal avoir apprécié l'intérêt général et avoir créé une incertitude sanitaire, le gouvernement obtient là un résultat catastrophique. Non seulement on est loin du seuil des 30 % d'une population vaccinée pour freiner la pandémie, mais nous voilà contraints de solder les surplus de vaccins et les seringues pour amortir l'addition. Au moins cette campagne brouillonne aura-t-elle servi à faire, une fois encore, la preuve que, plus que les injonctions ministérielles, la solidarité est le meilleur moyen de prendre en charge la santé. Il sera bon de s'en souvenir quand viendront les réformes de la Sécurité sociale."
Midi Libre
Jean-Laurent Truc
"Roselyne Bachelot fait comme tous les bons commerçants en ce début d'année, elle solde. Mais ces dizaines de millions de doses de vaccins contre la grippe A dont elle ne sait que faire n'ont pas l'air d'attirer les foules. Même à prix coûtant avant, en plus, qu'ils ne soient périmés. Certes, on sait que les Français ont franchement renâclé à aller se faire piquer l'épaule sous l'œil d'un corps médical, pas non plus vraiment convaincu de la nécessité de l'acte. En brave petit soldat, Roselyne, sourire crispé, avait devancé l'appel et offert son bras au vaccin. Pour l'exemple. La voilà aujourd'hui bien mal récompensée, notre ministre ! (...) Finalement, Roselyne Bachelot est dans la logique à la fois brouillonne et hyperactive du gouvernement, difficilement prévisible. (...)"
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La décision de revendre une partie des stocks de vaccins provoque déjà des réactions, d'autant que la France n'est pas seule sur ce marché où les clients sont rares. Les soldes commencent mercredi 6 janvier. Sauf au ministère de la Santé où, depuis novembre, Roselyne Bachelot négocie discrètement la revente aux pays qui en ont besoin. Le ministère a reconnu les faits et indiqué que le Qatar avait acheté 300 000 doses et que l'Égypte souhaitait en acquérir 2 millions.
Ce vaste marchandage ne concerne pas seulement la France. L'Allemagne, les Pays Bas et la Suisse, qui ont eux aussi commandé trop de vaccins cherchent à s'en délester.
Ainsi, la France a fait une proposition à l'Ukraine, où la grippe A se répand. Mais l'Allemagne est également sur les rangs et le gouvernement réserve sa réponse. Des négociations ont également eu lieu avec le Mexique, la Bulgarie et la Roumanie...
Les commentaires de la presse française, lundi 4 janvier, après l'annonce que la France revendait une partie de son stock de vaccins :
La Charente LibreDominique Garraud
"(...) Alimentée à la fois par l'opposition et les médecins généralistes, écartés du plan de prévention et bombardés de consignes contradictoires émanant de la Direction Générale de la Santé (DGS), la critique vise principalement Roselyne Bachelot, experte en la matière avec son CV de pharmacienne et d'employée de grands laboratoires. Habillée pour l'hiver en "ayatollah de la prudence" excessive, la ministre de la Santé affiche une ligne de défense qu'il faut pourtant entendre. Que Nicolas Sarkozy et le gouvernement aient saisi l'opportunité des risques de pandémie pour détourner l'attention de l'opinion sur les problèmes liés à la crise économique est probable. Mais pour Roselyne Bachelot, la grippe A était une peau de banane inévitable. Alors que l'incertitude médicale mondiale prévalait, l'alternative était écrite d'avance: en faire trop ou pas assez. Avec au bout du compte un torrent de critiques inéluctables. (...)"
Le journal de la Haute-MarnePatrice Chabanet
"On ne sait pas si l'on doit en rire ou en pleurer. (...) Le principe de précaution est respectable, mais là visiblement on en a fait des tonnes. Malgré les décès constatés - toujours trop nombreux (près de 200 à ce jour) - la grippe A s'avère bien moins meurtrière que la grippe saisonnière (plusieurs milliers de morts chaque année). Pareille disproportion entre les volumes commandés et les quantités réellement utilisées ne peut qu'entretenir une solide polémique. Il y a bien sûr l'opposition qui monte au créneau, c'est de bonne guerre. Plus inquiétant pour le gouvernement est le réquisitoire très sévère du professeur Bernard Debré, député UMP, qui n'hésite pas à parler d'"extrême stupidité". Sans parler de Marc Gentilini, grand spécialiste des maladies infectieuses et ancien président de la Croix-Rouge française, qui met en cause une "stratégie dispendieuse". (...) Le principe de la double vaccination adopté initialement était en train de se transformer en double peine pour la Ministre de la Santé."
La Nouvelle République du Centre OuestHervé Cannet
"Le ministère de la Santé s'est transformé, depuis deux mois, en un vaste magasin de dépôt-vente. Il y a overdoses de produits anti-H1N1. A la veille de l'ouverture des soldes, cette " braderie " sanitaire (dont Roselyne Bachelot, il faut le lui reconnaître, ne s'est jamais cachée) ajoute au désordre ambiant. Car dans le traitement de la pandémie de grippe A, la France s'est toujours caractérisée par des excès permanents (notamment en matière de communication) auxquels l'opinion publique a réagi en faisant le dos rond. Cinq millions de vaccinés pour 94 millions de doses ! Cherchez l'erreur ! Alors pourquoi, puisque l'épidémie semble régresser, le président de la République croit-il bon de relancer la vaccination ? Pourquoi persister à n'utiliser que des centres agréés, alors que les services des médecins libéraux auraient manifestement sécurisé une population particulièrement rétive ? Décidément, la gestion de la pandémie à la française paraît particulièrement grippée !"
L'AlsacePatrick Fluckiger
"(...) L'opération délestage est à l'image de la campagne de prévention : précipitée, artisanale, et pour tout dire, désastreuse. Il faut rendre justice au gouvernement français : il n'est pas le seul à être tombé dans le panneau de la psychose grippale. Il n'existe malheureusement pas de vaccin contre la panique. Les Allemands, les Suisses, les Hollandais, les Italiens ont aussi des stocks à revendre. Hélas, ce n'est pas une consolation, et cela ne dispensera personne d'un sérieux examen de conscience. En France, par exemple, la campagne de vaccination a connu des ratés inquiétants : cinq millions de piqûres seulement ont été réalisées. Heureusement que le virus de la grippe A est moins méchant que celui de la grippe saisonnière ! Le plus grave ne réside cependant pas dans cette organisation bureaucratique et cahoteuse, mais bien dans la gesticulation qui accompagne la pandémie. (...) La psychose a rempli les caisses des laboratoires. Les gouvernements se chargent même d'assurer aujourd'hui la revente des médicaments. Ils se sont transformés en super VRP pour l'industrie pharmaceutique. Qui a dit que la politique a repris le pas sur l'économie, avec la crise financière ?"
La République du CentreJacques Camus
"Du principe de précaution à la dénonciation du gaspillage, il n'y a qu'un pas. Et cela s'appelle l'émotion. Celle qui a contaminé tout le pays à l'annonce de la pandémie de grippe H1N1 et qui conduit aujourd'hui à constater des dégâts financiers plutôt que sanitaires. Maintenant que 70 millions de doses du vaccin contre le fameux virus nous restent sur les bras (façon de parler) et que nous cherchons désespérément à écouler nos stocks, c'est à qui désignera les responsables du gâchis, et bien sûr, en première ligne, le gouvernement. Voilà bien l'une de ces vaines querelles franco-françaises contre lesquelles nous ne parviendrons jamais à nous immuniser. Parce que si les pouvoirs publics n'ont pas eu une gestion exemplaire du dossier, tout le monde a sa part de responsabilité dans l'installation d'un climat de psychose. (...) Pas étonnant, dans ces conditions, et compte tenu du syndrome du sang contaminé, qu'ait prévalu chez nos gouvernants le principe de précaution poussé au paroxysme. On en mesure aujourd'hui l'inanité, mais c'est le prix à payer dans une société qui revendique comme un droit absolu le "risque zéro". Personne n'aurait pardonné à Roselyne Bachelot une pénurie vaccinale en cas de pandémie. Il nous reste donc à assumer collectivement le refus du moindre aléa. Et à méditer sur ce virus H1NI qui aura surtout généré de l'émotion à revendre."
Sud OuestBruno Dive
"La France étant un grand pays, il est bien normal que son gouvernement ait vu les choses en grand pour terrasser le fléau menaçant de la grippe A. Voilà pourquoi il a commandé, dans l'insouciance de l'été, 94 millions de vaccins pour une population qui ne compte que 63 millions d'habitants. Et voilà comment il se trouva trop bien pourvu lorsque la bise fut venue. (...) Bref, là aussi les soldes sont ouvertes, si ce n'est la braderie générale. Reviennent alors à la surface de lancinantes questions, qui ont (inconsciemment ou non) nourri la méfiance de la population envers ce vaccin aussi soudain que massif. Ces achats, payés comptant par l'Etat à quatre grands laboratoires par ailleurs assurés de garanties juridiques et financières exorbitantes en cas d'effets secondaires du vaccin. Ces liens anciens de Roselyne Bachelot qui a travaillé pour l'industrie pharmaceutique avant d'entrer en politique. Sans doute la ministre de la Santé a-t-elle fait son travail, et elle aurait été encore plus critiquable (et critiquée) de ne pas suffisamment réagir face à une épidémie dont on mesurait mal cet été le degré de dangerosité. Mais à ce niveau là - 870 milliards versés bien hâtivement à quatre grands labos - ce n'est plus du principe de précaution : c'est quasiment un plan de relance."
La MontagneDaniel Ruiz
"Le virus est là, le vaccin aussi. De cela, nous sommes sûrs. Car pour le reste, on est allé d'approximations en mauvaises évaluations du risque de pandémie de grippe A. Certes, au pays du principe de précaution, l'affaire du sang contaminé a marqué la mémoire collective et hante celle des gouvernants. (...) L'erreur majeure, celle qui a propagé le doute, est d'avoir demandé aux personnes qui venaient se faire vacciner de signer une décharge. Les experts jugeant le danger réel, c'est la collectivité qui devait couvrir le risque de ce geste pour le bien commun. Si le vaccin est une protection, on ne peut pas demander à chacun d'en prendre la responsabilité. La santé est indivisible et doit être garantie collectivement par l'État, hors de toute tentation médiatique. (...) Pour mal avoir apprécié l'intérêt général et avoir créé une incertitude sanitaire, le gouvernement obtient là un résultat catastrophique. Non seulement on est loin du seuil des 30 % d'une population vaccinée pour freiner la pandémie, mais nous voilà contraints de solder les surplus de vaccins et les seringues pour amortir l'addition. Au moins cette campagne brouillonne aura-t-elle servi à faire, une fois encore, la preuve que, plus que les injonctions ministérielles, la solidarité est le meilleur moyen de prendre en charge la santé. Il sera bon de s'en souvenir quand viendront les réformes de la Sécurité sociale."
Midi LibreJean-Laurent Truc
"Roselyne Bachelot fait comme tous les bons commerçants en ce début d'année, elle solde. Mais ces dizaines de millions de doses de vaccins contre la grippe A dont elle ne sait que faire n'ont pas l'air d'attirer les foules. Même à prix coûtant avant, en plus, qu'ils ne soient périmés. Certes, on sait que les Français ont franchement renâclé à aller se faire piquer l'épaule sous l'œil d'un corps médical, pas non plus vraiment convaincu de la nécessité de l'acte. En brave petit soldat, Roselyne, sourire crispé, avait devancé l'appel et offert son bras au vaccin. Pour l'exemple. La voilà aujourd'hui bien mal récompensée, notre ministre ! (...) Finalement, Roselyne Bachelot est dans la logique à la fois brouillonne et hyperactive du gouvernement, difficilement prévisible. (...)"
Hanicap Infos - source : La Charente libre, Le journal de la Haute-Marne, La nouvelle république du centre ouest, L'Alsace, La République du centre, Sud Ouest, La Montagne, Midi libre, Nouvelobs.com
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