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EUROPE | article publié le, 23/02/18 1 réaction 


La secrétaire d’État aux personnes handicapées en visite en Espagne

La secrétaire d’État poursuivra son tour européen la semaine prochaine en se rendant notamment dans les pays nordiques.

La secrétaire d’État poursuivra son tour européen la semaine prochaine en se rendant notamment dans les pays nordiques.

Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, est en Espagne dans le cadre d’une tournée européenne des bonnes pratiques autour du handicap. L’objectif est de comprendre où en sont les pays européens sur l’inclusion des personnes handicapées à l’école, sur le marché du travail, ou dans la vie citoyenne.

Hier, plusieurs rencontres ont été organisées avec différents acteurs espagnols pour le handicap, dont la ministre de la Santé espagnole, Dolors Montserrat, ainsi que les organismes du Ceapat (Centre de référence d’État pour l’autonomie personnelle et les aides techniques) et du Cermi (Comité espagnol des représentants des personnes handicapées).

Des échanges qui ont permis à la secrétaire d’État de comparer la situation espagnole et la situation française sur l’intégration sociale des personnes handicapées.

L’école, premier lieu d’inclusion

« En France, l’un des grands besoins, est de démarrer par l’école, puisque les travailleurs handicapés ont un problème crucial qui est celui de qualification. » a expliqué Sophie Cluzel, hier, lors d’une rencontre à l’ambassade de France.

En Espagne, l’école inclusive, c’est-à-dire l’école qui permet aux enfants handicapés d’avoir accès aux écoles classiques, est très bien installée. Une coopération forte s’est créée entre le personnel médico-social, le personnel enseignant et les parents. Un lien qui se fait avec difficulté en France.

Le parcours d’un enfant handicapé dans le milieu scolaire français est souvent difficile et de nombreux élèves abandonnent. « On estime à 300 000 le nombre d’enfants scolarisés au collège, mais ce chiffre tombe à 20 000 pour les étudiants » a rappelé la secrétaire d’Etat.  Un constat qui a plusieurs causes : difficultés sociales, une accessibilité pas toujours adaptée dans les établissements et une autocensure de la part des jeunes eux-mêmes.

En Espagne, les enfants handicapés sont beaucoup mieux intégrés au parcours scolaire. Des dispositifs variés sont mis en place pour correspondre aux besoins particuliers de chaque enfant, ce qui permet de leur assurer une meilleure autonomie et, surtout, une meilleure intégration sociale.

Pour Sophie Cluzel, « L’apprentissage constitue un excellent levier pour l’intégration des jeunes handicapés. » Pourtant, en France, ils ne sont qu’1% à emprunter cette voie pour se former. Des mesures pour attirer vers cette filière ont été prises lors de l’élaboration de la réforme du travail, en collaboration avec la Ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

La difficile intégration dans les entreprises

Si l’école est importante, la question de l’emploi l’est tout autant. La France, comme l’Espagne, ont choisit d’imposer aux entreprises des quotas, de 6% et 2% respectivement. Pourtant, peu d’entreprises parviennent à atteindre ce chiffre, en France, où la moyenne est de 3,5 %.

En Espagne, le gouvernement veut inciter l’embauche des personnes handicapées. Une nouvelle loi impose par exemple que les entreprises participants aux appels d’offres respectent le quota de 2%. Une incitation qui vise à pousser les sociétés privées à s’emparer de la question de l’emploi des personnes handicapées.

Certaines initiatives existent en France pour mieux inclure les personnes handicapées dans le monde du travail. C’est le cas notamment d’Airbus qui a fait le choix de travailler avec une entreprise adaptée. Cette dernière emploie une trentaine de travailleurs handicapés qui ont donc accès à un emploi ordinaire au sein d’une grande entreprise.

De nombreux efforts restent cependant à faire : « l’entreprise n’est pas parvenue à se positionner comme un lieu d’accueil pour les personnes handicapées. » explique Sophie Cluzel. Des solutions doivent être apportées aux entreprises pour faciliter l’embauche de salariés handicapés, par exemple en simplifiant les démarches administratives qui peuvent parfois « durer jusqu’à six mois ». En Espagne, des incitations fiscales comme la baisse des charges sociales ont été mises en place pour favoriser l’embauche.

Inclure les personnes handicapées dans la vie citoyenne

Mais, l’inclusion des personnes handicapées ne passe pas seulement par l’emploi ou l’école. Elle doit aussi passer par leur représentation dans la société. Une récente étude du CSA a montré que les personnes handicapées n’étaient représentées qu’à hauteur de 0,6% dans les médias français.

En Espagne, le Cermi s’engage notamment en faveur de lois sur le droit de vote des personnes handicapées et de leur représentation par le personnel politique ou dans les médias. La capitale espagnole est également beaucoup plus accessible que Paris. 80 % des transports y sont adaptés, tout comme la ville, où chaque passage piéton dispose d’un système sonore pour les malvoyants.

La secrétaire d’État poursuivra son tour européen la semaine prochaine en se rendant notamment dans les pays nordiques.

© Handicap Infos - source : communiqué de presse


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Les réactions des abonnés  :

Alex17
07/03/2018 10:36:22
Pour mettre promener à San Sebastian en fauteuil roulant, je peux vous dire que bon nombre de villes françaises devraient s'inspirer de l'accessibilité mise en oeuvre par cette ville. Trottoirs aisément accessibles, il en est de même pour la majorité des magasins. Je ne connais pas la loi espagnole en la matière mais je dirais qu'il y a un respect de l'handicapé. En France, malgré une loi qui date de 2005 et qui créait des obligations aux ERP d’aménager leurs accès, bon nombre de magasins ne le sont pas et ce qui est impardonnable, certaines salles d'attente de cabinets médicaux, kiné et autres qui vivent des sommes versées par la Sécurité sociale ne le sont pas non plus.Qu'attends t on pour passer au volet répressif prévu par la loi de 2015 leurs accordant encore de nouveaux délais? Il en va du respect dû aux personnes handicapées.